Le Théâtre Penghao

Aidez-nous à sauver le Théâtre Penghao, le seul théâtre indépendant de Pékin

 

 

Article du Théâtre Penghao, traduit par Chang Liu-Mell, révisé par Olivier Broudeur.



L’histoire du Théâtre Penghao et de son fondateur Wang Xiang

Le Théâtre Penghao existe depuis 2008. C’est le premier théâtre indépendant et privé de Chine autorisé à exercer officiellement.

Wang Xiang a été le premier à faire des recherches sur les implants dentaires en Chine. Il a été médecin et directeur adjoint du service de stomatologie à l’hôpital de la Marine. À la fin des années 90, il a émigré au Canada, mais n’y est pas resté à cause du mal du pays. Dès son retour en Chine, il a créé la première chaîne de cabinets de stomatologie privés. Lors des entretiens de recrutement pour ses cabinets qu’il menait avec des dizaines de candidats, il n’arrivait pas à trouver des médecins et des infirmiers à la fois compétents et humanistes. C’est alors qu’il s’est rendu compte d’un terrible danger qui guettait la société chinoise.

 

La Chine, riche d’une histoire et d’une culture vieille de 5000 ans, a connu l’invasion de l’Occident industrialisé et modernisé à la fin du 19ème siècle. Depuis cette époque, une longue lutte est menée pour sauver le pays d’une crise d’identité. En effet, le peuple chinois a voulu s’occidentaliser, se moderniser, se cultiver, s’examiner, se renforcer et s’ouvrir au nouveau monde commercial et moderne. Le résultat de cette quête éperdue est une transformation gigantesque de la société chinoise moderne qui lui a fait perdre son âme, son humanité, ses arts, sa noblesse, sa sagesse,… et qui l’a livrée à la cupidité et aux luttes de pouvoir.

 

Dès 2008, avec le grand événement des JO à Pékin et l’augmentation du P.I.B., Wang Xiang a senti une peur terrible à cause du vide culturel qu’il a observé dans cet immense pays, son pays natal. Pour lutter contre ce désœuvrement de pensée et de culture, il a rassemblé une somme de 120 milles yuans, grâce aux bénéfices de ses cabinets dentaires, et a choisi un hutong (ruelle traditionnelle), en plein centre de la vieille ville de Beijing (Pékin), pour y construire un théâtre indépendant privé, le Théâtre Penghao. Pour ce théâtre, il a obtenu des pouvoirs publics, l’autorisation officielle de présenter des spectacles.

Le nom Penghao est inspiré d’un poème de Li Bai (Li Po). Il signifie « les personnes ordinaires ». Cette expression exprime le souhait de permettre à chaque individu de bénéficier de l’art et de cultiver son âme.

Wang Xiang est conscient qu’il mène une lutte contre la disparition de l’âme de son peuple. Il tente de conserver et d’entretenir les derniers espoirs.

 

Il croit vivement que chaque individu a le droit de vivre avec les sentiments d’amour, de vérité, de fierté, de beauté et de droit à la différence.

 

Il pense que la pire crise sociale n’est pas la crise immobilière, boursière, économique, environnementale, ou même éthique, non, pour lui, la crise la plus horrible est, pour un peuple, de perdre la capacité de penser et de créer.

 

Il sait que la justice d’une société peut dépendre des lois et des systèmes sociaux, mais l’honnêteté d’une personne peut être ordonnée et guidée par l’art. Car ce dernier donne l’occasion aux individus de voir le monde de différents points de vue, de sentir avec acuité leur existence, de diminuer la voracité et la brutalité, et de remercier la vie.

 

Wang Xiang croit profondément que les personnes corrompues ont comme point commun la barbarie et la perversion.

Dans chaque pays, le mensonge, la barbarie et la perversion coexistent avec la beauté, la vérité et l’humanité. Pour défendre ces dernières valeurs, il faut les démocratiser et sensibiliser la population. Telle est l’œuvre et la tâche du Théâtre Penghao : transmettre les valeurs positives à travers l’art. Pour Wang Xiang, grâce à l’art, « nous transportons le sens du monde tout au long des rivières », comme disait Romain Rolland dans son roman « Jean-Christophe ».

 

Le Festival de spectacles vivants de Nanluoguxiang

Le 7ème Festival du Spectacle Vivant de Nanluoguxiang a duré trois mois, entre juin et août 2016. Soixante pièces et cent quatre-vingt représentations ont rencontré le public. C’est le plus grand festival en Chine. Il a connu sept éditions, ce qui en fait le second festival le plus vieux.

 

Avec ses propres fonds et son énergie, Wang Xiang organise ce plus grand festival du théâtre de Chine avec l’ambition de soutenir les échanges artistiques de qualité et de permettre à la population de découvrir des chefs-d’œuvre.

 

Pour programmer 12 des meilleures pièces du théâtre mondial – de celles qui méritent d’être présentées en ouverture des festivals les plus prestigieux - et les offrir, avec le plus de sincérité possible aux spectateurs, Wang Xiang parcourt les festivals de spectacle vivant du monde entier, au Japon, en Italie, au Danemark, en Israël, mais aussi, en Chine à laquelle il offre une tribune nécessaire et bénéfique.

La pièce « Clôture de l’amour », écrite et mise en scène par Pascal Rambert, a été cofinancée par l’Ambassade de France en Chine et le Théâtre Penghao. Cette pièce existe en deux versions : une version chinoise et une version française jouées par les comédiens respectifs des deux pays. Li Jide, rédacteur en chef du magazine « Scénario » révèle à quel point il est étonnant de constater qu’en Chine contemporaine, les pièces de théâtre se limitent encore énormément dans le développement des nœuds dramatiques, tandis que les pièces du répertoire contemporain européen, comme cette pièce de Pascal Rambert, dépassent largement l’étape de la réflexion philosophique pour exprimer de véritables émotions humaines.

« The Show Must Go On », une autre pièce en co-production franco-chinoise, est, quant à elle, remplie d’énergie, de poésie et de chaleur. Elle a été mise en scène par Jérôme Bel et interprétée par 20 comédiens amateurs. Pendant sa présentation à Pékin, les articles et les vidéos à son sujet ont été largement partagées sur les réseaux sociaux chinois.

 

La co-production franco-chinoise s’est partagé l’investissement de 300 milles yuans (équivalent d’environ 41 milles euros), mais aussi la perte de 200 milles yuans (équivalent d’environ 27 milles euros). Derrière la production chinoise, il n’y a un seul individu, Wang Xiang.

« Short dance of youth », mise en scène et chorégraphiée par le chorégraphe italien Virgilio Sieni, a été interprétée par 50 danseurs amateurs. Elle a été proposée en séance d’ouverture du 7ème festival des spectacles vivants de Nanluoguxiang. Elle extériorise la beauté et l’art de chaque individu ordinaire. Comparée aux nombreuses pièces internationales invitées en Chine de nos jours, qui ont un coût de production gigantesque et une réalisation impressionnante mais qui sont inaccessibles au grand public, « Short dance of youth » est une pièce sincère et humaine. Elle ouvre une nouvelle page dans la quête vers l’art en Chine.

Pour cette pièce, Wang Xiang s’est chargé des 4/5 du coût de production total – dont la moitié sert à rembourser les frais de voyage - qui représente plus de 600 milles yuans. La production italienne a pris en charge le cinquième restant. Le revenu de la billetterie représente moins de 100 milles yuans.

 

La perte financière est un poids énorme sur les épaules de Wang Xiang. Mais la responsabilité de révéler la beauté et l’art à un peuple est tellement importante que cette cause doit continuer.

« Les trois sœurs », « Mascarade » et « The Story of Severija » sont trois autres pièces invitées pour le festival de cette année. Réalisées par Rimas Tuminas, du Théâtre national d’art dramatique de Lituanie, ce sont des œuvres représentant des spectacles non matérialiste, et sans intérêt commercial ou technologique. Pour Rimas Tuminas le théâtre est une réalisation divine dont la difficulté ne se trouve ni dans la technique ni dans la prise de risque, mais dans la construction de résonances émotionnelles avec le public. Ces pièces ont trouvé un accueil très favorable puisque, selon les spectateurs fidèles du théâtre, chacune de ses trois pièces a plus de valeur artistique que certains festivals tout entier.

Pour inviter l’équipe de Rimas Tuminas, Wang Xiang est allé plusieurs fois à Vilnius. Il y a sollicité, sans succès, le soutien du Ministère de la culture de Lituanie. Finalement, il a décidé, encore une fois de prendre en charge la dépense totale de l’invitation et de la production des pièces en Chine. Pour un invertissent total de 700 milles yuans, la recette des billets a été inférieure à 150 milles yuans.

 

De nos jours, beaucoup de pays considèrent les festivals internationaux et les échanges artistiques avec d’autres pays comme plus important que les sommets économique ou politiques, mais ce n’est pas encore le cas en Chine. En Chine, dans les échanges artistiques internationaux existants, il est difficile de distinguer les véritables créations artistiques des soi-disant inventions-reproductions artistiques. L’espace où se trouve le spectacle vivant, est pourtant l’espace le plus important pour l’être humain et les citoyens, à la fois spectateurs et artistes.

 

Durant les huit ans d’existence du Théâtre Penghao et du festival du Spectacles Vivants de Nanluoguxiang, les échanges et les collaborations internationaux initiés par Wang Xiang ont toujours pour objectif, malgré les difficultés rencontrées, de chercher l’âme de l’art, et de la présenter au public chinois. L’invitation du Théâtre Rimas Tuminas de Lituanie en est un bel exemple de la réussite de cette 7ème édition du festival. Autres réussites, la présentation du théâtre Kazuo Ono le maître du butō, suivie d’un workshop, celle du groupe coréen Ensemble Sinawi et de leur musique traditionnelle réinventée, celle du duo Enzo Vetrano et Stefano Randisi et de leur travail sublime « Toto & Vice », celle de la compagnie Lituanienne Table Theatre et de deux pièces fantastiques destinées aux enfants « Stork’s Gift » et «The Feast of Dialects », et, enfin, celle de la compagnie anglaise Forced Entertainment et de leur oeuvre « That Night Follows Day ».

 

Dans le programme de la partie « Théâtre et littérature », nous avons été émerveillés, touchés et bouleversés par la comédie dramatique « As Dreams Fade Away » de Gu Lei, par la série dramatique « Voices », par la lecture de scénario « People in the intermediate state » de Shang Lei, par la comédie dramatique « The star » de Ma Yan, par le théâtre documentaire « Architect » et la réinterprétation « Post-Thunderstorm » de Guo Chenzi, par l’opéra Kunqu « Duan Chang Ci » de Zhong Qi, par le théâtre absurde « Ici·Là-bas » de Xie Dongning et Liu Tianya de la compagnie taiwanaise Voleur de Feu, par « Lost and Found » de Wu Zesai et Wang Shang, par la lecture de scénario « Art Studio » de Sun Xiuting, par « Chinese Schindler » de Hong Xiu, et par « Three Waterdrops » de Tong Daoming.

 

La beauté qui véhicule un humanisme est essentielle au Spectacle Vivant, comme les émotions humaines sont primordiales à la vie. Mais c’est ce qui manque considérablement à la société chinoise et à son espace de création artistique.

 

Après avoir vu « The star » et « As Dreams Fade Away », Wang Xiang a eu les mêmes réflexions : « Quand l’amour et l’attachement pour une personne ne font pas battre fort le cœur, ni ne donnent envie de l’embrasser à chaque moment de la journée, est-il nécessaire de se marier avec cette personne?

Quand un spectacle ne touche pas la partie la plus profonde du cœur, et qu’il n’enflamme pas l’amour tendre et ferme envers ce monde, a-t-il une raison d’être ?

Quand une structure sociale ne peut pas apporter la beauté, la chaleur et la grandeur de l’âme à ces citoyens, avons-nous réellement besoin d’elle ? »

La force et la beauté de l’art doivent atteindre le cœur de chacun. Tel est le but de Wang Xiang.

 

Le trésor des spectacles vivants lituaniens a inspiré aux artistes chinois la conscience de la nécessité d’une création plus honnête et sincère. La performance dans « Short dance of youth » de 50 Italiens « ordinaires » a réchauffé des milles d’esprits chinois.

Le 9 juillet 2016, il y a eu beaucoup d’émotions lors de l’ouverture de ce 7ème festival avec « Short dance of youth », surtout quand Wang Xiang a prononcé ces mots : « nous vivons tous, nous devons tous vivre avec un âme de chaleur, de grandeur et de beauté ». Il y a eu beaucoup d’émotions quand, comme un monsieur en fauteuil roulant, un interprète du spectacle « Short dance of youth » et tous les 50 acteurs amateurs se sont mis à ramper vers le devant de la scène pour remercier le public.

 

En dehors du Festival Nanluoguxiang, le Théâtre Penghao a réalisé plus de 40 créations indépendantes, et programmé quatre cents pièces pour plus de 2000 représentations. Dans le programme du Théâtre Penghao, chaque pièce est choisie pour sa sincérité, sa sagesse, son honnêteté, sa beauté artistique et son sens humain.

 

Durant les premières éditions, le Festival du Spectacle Vivant de Nanluoguxiang à Pékin, a bénéficié des financements total ou partiel des secteurs publics. Mais ces financements ont cessé pour les deux dernières éditions.

Sauver le Théâtre Penghao

Le théâtre Penghao est un lieu spirituel. Il a sauvegardé les beaux souvenirs d’innombrables personnes. C’est aussi un terrain de lutte pour sauver l’âme, la culture et l’humanité.

Ne devrait-il pas exister pour toujours ?

 

Qui peut sauver le théâtre Penghao de ses difficultés ?

 

Ce théâtre existe depuis 8 ans. C’est aujourd’hui le moment le plus créatif du point de vue artistique, mais aussi le plus dur du point de vue financier. Depuis la construction du théâtre et pendant ses huit saisons, Wang Xiang a déjà sacrifié presque 10 millions de yuans provenant des revenus de ses cabinets et de ses emprunts personnels.

 

Étant donné que le théâtre est une location, son propriétaire a envisagé récemment de le vendre au prix de 40 millions de yuans. Wang Xiang a réalisé un prêt hypothécaire avec ses biens d’entreprises et personnels pour régler l’acompte de 14 millions. Les 26 millions restants sont à rembourser dans les deux ans à venir.

 

Wang Xiang croit à la société, aux personnes ordinaires, en chaque individu. Il espère la longue vie de cette belle cause artistique et s’efforce de laisser un patrimoine vivant aux générations à venir.

 

En 2016, Wang Xiang, Lan Tianye, Xu Yongguang et Zhu Xiaobin ont monté ensemble une fondation pour sauver le théâtre Penghao : la Fondation Penghao.

Pour soutenir la Fondation Penghao, vous avez trois façons

1. Par virement bancaire

 

Compte bancaire de la Fondation Penghao

 

Titulaire : La Fondation Penghao (北京蓬蒿公益基金会)

Banque :  China Construction Bank (中国建设银行北京市东四支行)

Numéro de compte bancaire : 11050160360000000179

 

 

2. Par Alipay

 

2273815471@qq.com

 

 

3. Par Wechat

Contacts : 0086+10-64006452, 0086+18810289181