L'occidentalisation du vocabulaire chinois moderne (1)

 

 

Avant et après la Guerre de l'Opium (1840), c'était le début d'une autre ère de la Chine. C’était pendant cette période que commençaient la chute de l'empire féodal des Qing et la monté d’une nouvelle classe patriotique. C’était également pendant cette période que, sous une force extérieure, la Chine s’est dirigée vers la société moderne. Cette force extérieure était les invasions étrangères coloniales, leurs armes modernes, leurs technologies, et leur idéologie correspondante. Cette force a promu un rare changement dans l'histoire de la langue chinoise. Une augmentation substantielle des mots d’origine étrangère n'est qu'un aspect dans ce changement.

 

Durant la vague importante de traduction qui a eu lieu à cette époque, les emprunts s’étendirent dans quasiment tous les domaines : la politique, l’économie et la vie quotidienne. Beaucoup de chercheurs considèrent la première Guerre de l’Opium comme la séparation entre les emprunts du chinois anciens et les emprunts du chinois moderne.

 

Dans l’histoire, le chinois a intégré nombre de mots étrangers (le persans, l’arabe, le turque, le khitant, le jürcen, le mongol, le mandchou, etc.). La plupart ne sont plus utilisée. En revanche, restent toujours les mots venant de trois langues : le sanscrit, introduit en même temps que le bouddhisme ; le japonais, depuis la fin du 19ème siècle et, plus récemment, l’anglais.

 

Emprunt de l’anglais et du japonais

Les mots chinois empruntés de l’anglais et du japonais étaient nombreux et ils accompagnaient les évolutions de l’apprentissage avec l’Occident. Après la période de la traduction par les missionnaires européens, les traductions indépendantes a connu une croissance rapide de la fin de la dynastie Qing. Cela était grâce aux soutiens des agences de traductions gérées par le gouvernement, mais aussi grâce aux formations par diverses écoles de langue étrangère et par études à l'étranger. Dans l'ensemble, l’apparition nombreuse d’ouvrages traduits, des dictionnaires bilingues et l’enseignement des sciences modernes à l’école, représentaient deux facteurs non-politiques d’introduction et de promotion des mots d’origine étrangère de la fin de la dynastie Qing jusqu'aux années 1940.

 

Wei Yuan et Yan Fu sont deux des traducteurs pionniers de l’époque. Les 60 volumes du Mémoire illustré sur les pays d’outre-mer rédigés par Wei Yuan peuvent être considérés comme l'encyclopédie de l’époque. Beaucoup de termes traduits sont apparus dans cet ouvrage : l’entreprise (gōngsī公司), l’actualité (xīnwén, 新闻), le parlement (guóhùi, 国会), le commerce (màoyì, 贸易), l'exportation (chūkŏu出口), le transport ferroviaire (tiělù铁路), la politique (zhèngzhì政治), la littérature (wénxué文学). Yan Fu était un autre traducteur très important de l’époque. Ses traductions répondaient aux besoins urgents de comprendre la science et la technologie occidentale. Cependant, ses traductions ne correspondaient pas au goût de la masse, car il aimait souvent créer ses propres mots, abandonner la traduction précédente. Les usages ont conservé ses traductions comme la logique (luójì逻辑), l’utopie (wūtuōbāng乌托邦), le totem (túténg图腾), etc. Certaines de ses traductions fournissaient une base pour une meilleure traduction.

 

De 1840 à 1949, l'introduction des mots d’origine européenne s’est réalisée de façons différentes à travers les phonétiques ou les sémantiques, etc. Quatre domaines principaux où se trouvaient ces termes empruntés.

  • Les domaines militaire, économique et politique : mínzhŭ民主(democray en anglais), shāwén zhŭyì 沙文主义(le chauvinisme en français), tuōlāsī托拉斯(trust en anglais, une organisation économique monopole), tănkè坦克(tank en anglais).
  • Les domaines médicales et technologique : shēngnà声呐(sonar en anglais), màikèfēng麦克风(microphone en anglais), jípŭ吉普(Jeep en anglais), mădá马达(motor en anglais), kălùlĭ卡路里(calory en anglais), wéitāmìng维他命(vitamin en anglais).
  • Les domaines culturel, sportif et artistique : yĭndé引得(index en anglais), kătōng卡通(cartoon en anglais, dessin animé), jíta吉他(guitar en anglais), tānge探戈(tango en anglais), huáěrzī华尔兹(walz en anglais), púkè扑克(poker en anglais), mălāsōn马拉松(marathon en anglais).
  • La catégorie de la vie quotidienne : jiákè夹克(jacket en anglais), kăqí卡其(khaki anglais), jiŭbā酒吧(bar en anglais), xiāngbīn jiŭ香槟酒(champagne en français), bùdīng布丁(pudding en anglais), shālā沙拉(salad en anglais), módēng摩登(modern en anglais).

 

En ce qui concerne les échanges sino-japonais dans l’histoire, les emprunts au lexique était majoritairement à sens unique : de la Chine au Japon. Cependant, après avoir subi la défaite de la guerre sino-japonaise en 1895, un courant d’études au Japon émergeait. Les réformistes chinois et de nombreux étudiants sont allés au Japon pour mieux apprendre l’avance et la technique de l’Occident. Car, durant l’époque Meiji (1868-1911), en apprenant les sciences occidentales, les Japonais ont commencé plus tôt à intégrer des mots qui étaient concernés. En outre, en raison de la courte distance géographique et de la facilité d’apprentissage grâce au caractères chinois utilisés dans le japonais, beaucoup étudiants chinois de l’époque ont choisi d’aller étudier le médecine occidentale au Japon. Ainsi, les mots japonais en caractère chinois, ont été ramenés et répandus en Chine, par ces étudiants, à travers les ouvrages traduits et les dictionnaires.

 

Parmi les mots empruntés du japonais, beaucoup se trouvent dans le domaine rhétorique. Même si certains viennent du chinois ancien, ils ont été donnés un nouveau sens ou utilisés pour traduire des termes occidentaux. Par exemple, dìngyì定义(définition), duànluò段落(paragraphe), làngmàn zhŭyì浪漫主义(romantisme), jiěshì解释(explication), nèiróng内容(contenu), yĭnyù隐喻(métaphore).

 

Un autre domaine d’emprunt est la médecine. Il y a, par exemple, báixuěbìng白血病(Leucémie), guānjiéyán关节炎(arthrite), mázùi麻醉(anesthésie), xìbāo细胞(cellule), sèmáng色盲(daltonien), yíngyăng营养(nutrition). Les termes liés à la médecine, existant dans le chinois contemporain, sont largement plus nombreux que ceux qui sont classés dans des dictionnaires.

 

Durant la seconde moitié du 20ème siècle, avec les changements politiques en Chine, les langues sources des mots d'emprunt en chinois ont beaucoup changé. Durant la majorité de cette période, l’anglais et le japonais n’avaient plus d’influence directe en République populaire de Chine. Ce changement linguistique était lié à différentes raisons politiques et économiques. Car, d’un côté, les Etats-Unis ont établi un embargo contre la Chine du régime communiste qui a suscité une dégradation de la relation des deux pays, de l’autre, le Japon s’est allié avec les Etats-Unis. Durant des années 1950 et 1960, le rapprochement avec l’URSS faisait que le russe était presque la seule source de nouveaux mots. C’était seulement à la fin des années 1970 que les Chinois ont recommencé à introduire les mots d’anglais et du japonais dans le vocabulaire. Ces nouveaux emprunts sont étroitement liés au développement des industries et la connexion à la société de consommation.

 

Parmi les mots introduits en Chine durant les trois dernières décennies, on trouve des termes issus des domaines scientifique, éducatif et médical, comme kèlóng克隆(clone en anglais), tuōfú托福(TOEFL, Test of English as a Foreign Language en anglais), àizī bìng爱滋病  (AIDS en anglais). Il y a aussi les mots qui sont lié au quotidien ou à un mode de vie, comme T-xù T(T-shirt en anglais), mínĭ迷你(mini en anglais), hànbăobāo汉堡包(hamburg en anglais), kălā OK卡拉OK (karaoké en japonais), dīsikè wŭ迪斯科舞(disco en anglais), xīpíshì嬉皮士(hippies en anglais), dīngkè丁克(DINKs, Double Income, No Kids en anglais). En outre, l’utilisation directe des abréviations étrangères a augmenté considérablement.

 

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Jam974@hotmail.com (lundi, 15 août 2016 04:44)

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